Il est impossible pour moi de vous dire si cette année commence bien ou non. A première vue, je dirai non. Non biensûr, nous voilà embarqué en Terminale, avec une perspective d'avenir peu reluisante vu le climat hostile à toute liberté qui règne au lycée. Des emplois du temps inexistants, aucun rythme de travail, des tonnes de grèves en perspective, rien ne va plus. Une classe inconnue encore, même si certains éléments semblent déjà assez perturbants, mais la question se règle. La philo, aussi, cette peste. J'adore cette réflexion, j'aime penser au monde, à la nature humaine. parler de désir et de manque me passionne. Mais, persuadée que devant une feuille de bac, Platon et Rousseau ne me seront d'aucune utilité, je commence vraiment à angoisser. Perdue face à cette réflexion qui, je crois, me dépasse.
Pourtant, je ne sais quelle chose me prouve que tout va aller mieux. Je pense avoir découvert - ou redécouvert - des personnes plus qu'intéressantes, motivées par les même choses : les enfants. Je ne pensais pas... je veux dire... je voulais abandonner ce bafa. Je pensais qu'il ne m'apporterait rien, " les salaires sont minables ". J'avais une flemme. Et puis, j'ai compris seulement après une seule journée qu'on ne s'occupait pas de ses choux pour l'argent, mais rien que pour le plaisir. " Tu es folle " m'a t-on dit... je le crois oui ! Folle de Dorian et de sa passion pour le tramway, folle d'Anna qui passe ses vacances chez ikéa, folle de Nathy qui se dit amoureux de moi à 4 ans, et folle de Lucie et Eliott, notre couple insaisissable. Assez folle pour y passer mes mercredis, mes vacances, et tout le reste de mon temps libre. C'est l'oxygène qui m'aide à supporter l'hostilité ambiante, les traitres, les égocentriques, les inutiles, les superficiels... l' amour.
Photo : Ma Normandie